A propos
Prendre le contrôle de sa digue
Dans les ports, les digues à talus avec une carapace en enrochements artificiels monocouche protègent la zone de navigation et sont par conséquent fortement exposées à la houle. Afin que l’ouvrage soit stable, les blocs de carapace doivent être installés selon des règles de pose précises qui doivent être contrôlées à l’avancement du chantier. De plus, les blocs artificiels en béton peuvent se dégrader ou se déplacer durant la vie de l’ouvrage. Si les dégâts ne sont pas repérés à temps cela peut nécessiter des frais majeurs de réparation curative ainsi qu’un arrêt du fonctionnement de l’exploitation portuaire, ce qui engendre des pertes de revenus importantes pour l’exploitant.
Générer un modèle 3D numérique de la carapace durant la construction permet de contrôler rapidement et de manière objective la qualité d’imbrication des blocs à l’avancement. Cela évite des opérations couteuses de reprise de bloc pour l’entreprise. Le jumeau numérique de l’ouvrage sert ainsi de référentiel unique partagé à l’ensemble des acteurs du projet jusqu’à la livraison.
Pendant la durée de vie active de l’ouvrage, le gestionnaire peut ensuite, à partir du modèle 3D mis à jour, suivre de manière détaillée l’évolution de la carapace dans le temps afin d’anticiper tout besoin de maintenance préventive.


Étapes de modélisation 3D
1. Collecte du nuage de points
Tout d’abord, un nuage de points est collecté à l’aide de techniques de télédétection, comme la photogrammétrie ou le LiDAR en air et la bathymétrie multifaisceaux sous l’eau. Cette étape implique la capture de milliers de points individuels qui reflètent la topographie de la surface visible de la carapace. La maitrise de cette étape est cruciale car la précision et la qualité du modèle dépendent directement de la qualité du nuage de points initial.
2. Identification automatique des blocs
A partir du nuage de points nettoyé, notre algorithme d’intelligence artificielle couplé à un outil statistique permet d’identifier automatiquement la position et l’orientation de la forme caractéristique des blocs dans le nuage de points. Il est ainsi possible de modéliser plusieurs centaines de blocs par minute, ce qui prendrait des heures par traitement manuel.
3. Assemblage de la carapace
Après identification, les blocs sont assemblés virtuellement pour former la carapace de la digue. Cette étape nécessite des ajustements manuels et de l’expertise pour s’assurer que la modélisation reflète précisément la structure réelle.
4. Rendu et visualisation
Enfin, la modélisation 3D est rendue sur un logiciel de visualisation 3D dédié . Cela permet aux ingénieurs et aux décideurs de voir la structure en trois dimensions, facilitant la compréhension et la communication des caractéristiques de la digue.
5. Analyse et optimisation
La modélisation 3D obtenue peut ensuite être utilisée pour analyser les critères d’imbrication et de stabilité. Elle peut également servir à planifier des réparations.






